[dikʀ ɔik] : de l’alpha à l’oméga

[dikʀ ɔik] : qui a la propriété de prendre une couleur différente suivant l’angle sous lequel on le regarde.

Prise à partir d’une multitude d’éléments urbains, cette série m’a poussé à travailler sur la recherche de nouvelles représentations d’objets de notre quotidien (roue de voiture, vitre brisée, robinet de jardin de ville, vitrine de magasin, poignée de porte, etc) en me plaçant sous un angle différent de celui sous lequel nous avons l’habitude de les regarder.

Au  premier regard, mon oeil m’a renvoyé la représentation que je connaissais et que mon cerveau a depuis bien longtemps automatisé. Par un travail d’expérimentation qui n’a pas toujours été couronné de succès, je me suis approché de ces différents objets lors des mes balades photographiques dans la ville de Paris et j’ai progressivement découvert un monde invisible.

Sans être dans l’univers macroscopique puisque ces différents clichés que je vous propose ont été réalisés à partir d’un objectif microscopique, j’ai plongé progressivement dans un monde qui m’était encore inconnu et que je vous invite à découvrir à travers ces clichés.

Tout en basant une grosse partie de ce travail artistique sur le hasard, l’expérimentation et l’imagination, j’ai souhaité également à travers Dikroïk raconter une histoire visuelle en la construisant autour des dix photographies que j’ai obtenues après un travail de retouche numérique. Ce récit raconte ainsi la naissance d’une pensée jusqu’à son extinction en passant par les différentes étapes de sa gestion ; en appuyant volontairement sur le côté abstrait que peut être une émotion à son état pur. 

Mais ce que j’ai souhaité transmettre avant tout à travers ce projet quelque peu métaphysique, c’est donner l’occasion aux spectateurs de s’imaginer à leur tour leur propre histoire en contemplant ces dix photographies.

« Nous fabriquons des histoires, après tout, à partir des matériaux sensoriels fugaces qui nous bombardent à chaque instants, suite fragmentée d’images, de conversations, d’odeurs et le contact des objets et des gens. »

Siri Hustvedt